E-réputation sur Internet, Isabelle Gonon

Synthèse du cours « E-réputation » pour la formation « Gestion de projet 2.0 » par Isabelle Gonon du CNAM. L’identité numérique traitée dans ce cours est celle de l’individu, donc pas celle de la marque ni celle de l’entreprise, sachant toutefois que l’identité d’un individu a quelque chose à voir avec celle de l’entreprise, et vice-versa.

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Avant-propos

Isabelle Gonon travaille à la Direction nationale des formations (DNF) du CNAM, direction déléguée aux Technologies de l’information et de la communication pour l’éducation (TICE)

Cette synthèse est une tentative de compte-rendu d’un cours d’une heure et demie dispensé vendredi 20 mai dans le cadre de la formation du CNAM « Chef de projet numérique 2.0 » (http://communication-culture.cnam.fr/chef-de-projet-numerique-2-0/).

L’identité numérique traitée dans ce cours est celle de l’individu, donc pas celle de la marque ni celle de l’entreprise, sachant toutefois que l’identité d’un individu a quelque chose à voir avec celle de l’entreprise, et vice-versa.

Les figures insérées dans le texte correspondent à certaines des diapositives du diaporama d’Isabelle Gonon (vingt-quatre diapositives au total), cf. fichier E-repIG.pdf déposé sur le réseau social de la formation (plate-forme Elgg), www.gestionprojet20.com/groupe/

1. Internet et les médias sociaux

Google-Facebook-TwitterInternet est un réseau de réseaux qui utilisent un protocle de communication de données commun, le protocole IP [1].

Différents services utilisant le réseau Internet ont été développés, dont le Web, qui repose également sur un protocole, le protocole http [2], qui se superpose à IP et permet d’afficher des données hypermédias dans un navigateur.

Le Web était au départ informatif et documentaire, et consistait en sites d’information. Il est devenu social et participatif, avec de nouveaux services, les médias sociaux que l’on peut classer, en se basant sur les usages, en sept types (figure 1) : jeux, commerce, réseautage, partage, publication, discussion, localisation.

Cette typologie est celle utilisée par Fred Cavazza pour établir un Panorama des médiaux sociaux : www.mediassociaux.fr/20… (figure 2).

Ce nouveau Web, appelé Web 2.0 – on peut rétrospectivement parler de Web 1.0 pour les services antérieurs – fait appel à des technologies nouvelles mais l’esprit reste celui des pionniers de l’Internet, occulté au moment du Web documentaire, qui était de créer un lieu de partage d’informations où chaque utilisateur agissait.

Les médias sociaux peuvent aussi être caractérisés par les modes d’interaction entre les différents acteurs, illustrés dans la figure 3 (correspondances type d’interaction / service : 1 microblog – 2 blog – 3 wiki – 4 forum – 5 réseau social – 6 service de partage – 7 agrégateur – 8 jeux sociaux – 9 FAQ collaborative – 10 géolocalisation).

La barre de Diigo – outil de partage de signets (social bookmarking) – met bien en évidence les différents niveaux d’implication (figure 4) :

  • ma bibliothèque (« My Library ») : mes propres signets, que je rends ou non public ;
  • mon réseau (« My Network ») : les signets des personnes que j’ai choisies de suivre. Un réseau est un ensemble d’individus qui ont des relations interpersonnelles, les réseaux sociaux sont des services qui permettent d’établir ces relations sur Internet ;
  • mes groupes « (My Groups ») : les signets des groupes dans lesquels j’ai choisi de m’inscrire, sur la base de centres d’intérêt communs. Un groupe est un ensemble bien délimité, on est dedans ou dehors. Les groupes de pratique sont des lieux où l’on apprend beaucoup ;
  • la communauté (« Communauty ») : tous les utilisateurs de Diigo.

N.B. : la foule a également un rôle important dans les médias sociaux, avec notamment le crowdsourcing [3].

2. Identité numérique et e-réputation

L’identité numérique d’un internaute est constituée des traces qu’il génère sur Internet :

  • les informations qu’il a volontairement publiées pour se présenter : CV, portfolio… ;
  • les traces de ses activités ;
  • les traces de ses interactions avec les autres : discussions dans des forums, commentaires, avis, notation de ce qu’il achète…

La e-réputation d’un internateur découle de ses traces et des traces de ce que les autres pensent de lui : commentaires, citations, renvois à son blog… (figure 5).

3. Faut-il utiliser les médias sociaux ?

On peut choisir d’être absent d’Internet, si tant est que cela soit encore possible, mais avec le risque de manquer des opportunités. Le plus sage semble être d’assumer d’être présent, mais en faisant le nécessaire pour maîtriser et contrôler sa présence.

Il faut définir ses objectifs et élaborer une stratégie, choisir au mieux s’inscrire et publier, et quoi montrer et publier.

Les médias sociaux sont les outils idéaux pour être présent sur Internet. Les réseaux sociaux notamment, utilisés à bon escient, sont bien adaptés pour créer, maîtriser et améliorer sa e-réputation (figure 6) :

  • en entretenant des relations amicales ou professionnelles on construit et on consolide son réseau, susceptible de laisser des traces positives pour notre e-réputation ;
  • les outils de veille et de filtrage d’information permettent de suivre d’autres personnes, et d’être à son tour suivi, autant d’indicateurs de nos centres d’intérêt et de la pertinence de nos choix ;
  • publier, outre le résultat direct de faire connaître ses activités, peut aussi, quand on publie dans des réseaux sociaux, générer des avis et commentaires.

4. La roue de la e-réputation

Toutes les actions sur notre identité numérique qui conduisent à notre e-réputation peuvent être représentées sous la forme d’une roue de la e-réputation (figure 7) :

  • se créer une identité ;
  • la contrôler, la protéger ;
  • participer ;
  • faire de la veille et surveiller ;
  • évaluer et faire évaluer.

5. Comment gérer son identité et améliorer sa e-réputation

Comment et où créer son identité

En premier lieu il faut choisir où s’inscrire, et sous quel nom. Une solution peut être de s’inscrire sous plusieurs identités, pour cloisonner par exemple vie privée et vie professionnelle. Il semble toutefois que ce ne soit pas possible avec Facebook, ou du moins que Facebook soit en mesure de faire le lien entre les différentes identités d’une même personne.

Il faut aussi choisir les modalités de publication. Par exemple Facebook offre trois possibilités, publier un profil, créer une page ou créer un groupe :

  • la page est un mode de communication anonyme unilatérale. Cf. l’aide de Facebook (où tout est expliqué, mais il est souvent difficile de trouver ou de retrouver la bonne information) : « Pages Facebook : créer, administrer et modifier votre page », www.facebook.com/help/?page=904
  • le groupe est intéressant car tous les membres peuvent publier, mais il est nominatif. Au sein d’un groupe on peut faire des listes et définir ce qui est public, privé ou secret. Cf. « Créer un groupe sur Facebook », www.aussitot.fr/facebook/creer-groupe-facebook.html

Comment contrôler, protéger

Il faut veiller à connaître les paramètres de confidentialité de nos comptes et de nos groupes, et à bien les régler à notre convenance : qui peut consulter les informations, qui reçoit des notifications…

Il faut aussi toujours veiller à avoir un mot de passe bien sécurisé, d’une part pour protéger l’accès aux données confidentielles, d’autre part pour se prémunir contre le vol d’identité. L’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) diffuse des conseils à ce propos : Fiche technique sur les mots de passe, www.securite-informatique.gouv.fr/gp_article45.html

Comment et où participer

Il est essentiel d’être actif. Créer son réseau n’est qu’un début, ce qui est déterminant c’est de l’entretenir. C’est bénéfique pour sa e-réputation, et bénéfique tout court car, sur Internet, plus on donne, plus on reçoit. Et cela ne date pas du Web 2.0, c’est le cas depuis le début de l’Internet (forums, groupes de discussion…).

Comment surveiller, faire évaluer

Il n’existe pas sur Internet de mesure exacte de la e-réputation. Certains outils ont été développés dans ce sens, comme Youseemi (www.youseemii.fr), Socialmention (www.socialmention.com), etc, ils peuvent donner quelques indications.

Mais il existe de nombreux indicateurs, différents selon les outils : nombre de consultations de nos publications, nombre de recommandations, nombre de personnes qui nous suivent sous Twitter… Il est intéressant également de créer des alertes, dans Google notamment.

Si notre e-réputation comporte des éléments négatifs on peut :

  • les nettoyer : supprimer les traces gênantes ou, si on ne peut intervenir directement, demander qu’elles le soient ;
  • si certaines traces ne peuvent être supprimées, les faire reculer dans les résultats de recherche. Pour cela il faut faire remonter dans les résultats les traces positives qui existent, et en créer autant de nouvelles que nécessaire.

Toutes ces actions constituent le cycle de la e-réputation (figure 8).

Webographie

« Groupes et identité sur le web » 6e module du cours sur le Web social de Sébatien Paquet
http://benhur.teluq.uquebec.ca/SPIP/inf6107/spip.php?rubrique=10&article=30

« Guide de gestion de la réputation en ligne » par Mathias Poujol‐Rost
http://site.mathiaspoujolrost.net/information/guide-de-gestion-de-la-reputation

« Identité numérique : 10 règles simples pour contrôler son image sur internet »
www.presse-citron.net/identite-numerique-10-regles-simples-pour-controler-son-image-sur-internet

Isabelle Gonon est sur :


[1] Internet Protocole (IP) : famille de protocoles de communication de réseaux informatiques non orientés connexion : lorsque deux terminaux communiquent entre eux via ce protocole, aucun chemin pour le transfert des données n’est établi à l’avance (contrairement au réseau téléphonique par exemple). Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Internet_Protocol

[2] http : HyperText Transfer Protocol

[3] Crowdsourcing : néologisme anglais utilisant le terme crowd (foule) et calqué sur le terme outsourcing (externalisation), en français externalisation ouverte. Consiste à exploiter la créativité, l’intelligence et le savoir-faire d’un grand nombre de personnes. Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Crowdsourcing

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