E-réputation sur internet – Nicole Corsyn – Compte-rendu de l’intervention du 1er décembre 2011

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Nicole Corsyn est Ingénieure pédagogique et Documentaliste au Conservatoire National des Arts et Métiers. Ses compétences sont doubles : TICE et ingénierie documentaire.

1- Identité numérique (de l’individu) et e-réputation

L’identité numérique d’un individu est composée de l’ensemble des traces qu’il laisse sur Internet :
  • données volontairement mises pour se présenter ;
  • traces de ses activités ;
  • traces de ses interactions avec les autres : forum, commentaires, avis.

 

 

La e-réputation est donc le résultat des traces de l’internaute et les traces que les internautes peuvent générer de lui. 

 

 

 

Nicole Corsyn et Isabelle Gonon-2011

2- Faut-il utiliser les médias sociaux ?

A quoi servent les médias sociaux ?

Les médias sociaux nous permettent d’exister sur la toile. Exploités stratégiquement, ils jouent un rôle capital dans la gestion de la e-réputation.

Ils nous permettent notamment :

  • entretenir des relations : construire, consolider son réseau d’amis/collègues,
  • filtrer de l’information et faire de la veille : créer / entrer / être suivi dans un groupe que l’on a choisi guidés par nos centres d’intérêt, notre stratégie,
  • publier : communiquer sur nos activités et générer des avis et des commentaires.

3- Quelle stratégie pour gérer et contrôler sa e-réputation?

La stratégie à adopter vise à répondre aux questions suivantes : où je m’inscris ? Où je publie ? Qu’est ce que je montre ? Et pourquoi ?

La roue de la e-réputation

La roue de la e-réputation représente un schéma

de toutes les activités sur notre identité numérique

qui conduisent à construire notre e-réputation.

(Nicole Corsyn et Isabelle Gonon-2011)

4- Comment gérer son identité et améliorer sa e-réputation

Comment et où créer son identité

–       choix des médias où il faut être présent,

–       choix de l’identité renseignée : pseudonyme, identité réelle en fonction de la nature de la fonction associée au média (privé, professionnel)

–       choix des modalités de publication (facebook : profil, page, groupe)

Contrôler, protéger sa vie privée

Cette stratégie relève du paramétrage :

–       paramètres de confidentialité,

–       paramètres du compte,

–       paramètres du groupe,

–       mot de passe efficace.

Décider de qui a accès à nos publications par la maîtrise de nos informations confidentielles, participe du contrôle de notre e-réputation.

Participer

Agir sur les médias sociaux favorise sa e-réputation : animer, discuter, partager, « reseauter ».

Surveiller et faire évaluer

A défaut de mesurer de manière exacte sa e-réputation, des outils permettent de révéler certains indicateurs : le nombre de consultations de ses publications, nombre de recommandations, nombre des personnes qui nous suivent (twitter, blog).

« Google Alertes » : un outil de surveillance du web sur un sujet déterminé (à partir d’une requête de recherche).

Améliorer sa e-réputation : évaluation et actions

L’évaluation repose sur les traces laissées par l’individu sur le web.

L’amélioration de la e-réputation repose sur les actions que l’individu mettra en œuvre pour participer, contribuer, susciter des retours, créer, surveiller, réagir (corriger, nettoyer, …).

Les traces nocives à son image peuvent être supprimées par l’individu lui-même ou par d’autres acteurs : les webmasters ou « nettoyeurs du web ».

Si certaines traces ne peuvent être supprimées, il existe le  déréférencement : faire reculer des résultats négatifs dans les pages des moteurs de recherche en créant du contenu positif.

5- Retour d’expérience sur un média social, Twitter

Créé en 2006 par la société Odéo aux Etats-Unis, Twitter est un outil de microblogging : messages de 140 caractères, messages instantanés.

Source : Mashable M Saleem

1-Un vocabulaire et des fonctionnalités spécifiques

RT ou retweet : rediffuser le tweet écrit par un autre abonné

Followers : les abonnés qui me suivent

Followings : les abonnés que je suis

Favorites : les tweets à retenir

#FF : posté le vendredi, les utilisateurs de tweeter que j’invite à suivre

Timeline : liste des tweets publiés

Liste : privée ou publique, permet d’organiser les comptes en fonction de thématiques.

Comment démarrer avec Twitter ? :

–       s’inscrire,

–       repérer les comptes à suivre en fonction de ses intérêts (et de sa stratégie),

–       les suivre,

–       publier des informations avec les outils : retweet, hashtag (#), un lien (avec un raccourcisseur d’URL tel que bit.li).

 2-Twitter par Nicole Corsyn

Un Objectif double :

–       s’informer et partager sa veille

–       renforcer sa visibilité et améliorer ainsi sa e-réputation

Sur quoi twitte-t-elle ? 

–       ses centres d’intérêt professionnels

–       les événements auxquels elle assiste (conférences)

Ce qu’elle évite :

–       le bavardage

–       les sujets politiques

Outils associés à Twitter :

–       Diigo, afin de sauvegarder directement ses favoris,

–       Echofon : un plugin sur firefox, pour consulter rapidement les tweets

–       Tweetdeck, Hootsuite : gérer plusieurs médias sociaux

–       Twilert, paper.li : suivre sa e-réputation

3-Webographie

Module 6 du web social de Sébastien Paquet :

http://benhur.teluq.uquebec.ca/SPIP/inf6107/spip.php?article=71&rubrique=10#

Blog de Mathias Poujol-Rost Guide de gestion de la réputation :

http://site.mathiaspoujolrost.net/information/guide-de-gestion-de-la-reputation#partie-guide

Protéger son identité numérique :

http://www.presse-citron.net/identite-numerique-10-regles-simples-pour-controler-son-image-sur-internet

 Alejandra Graterol et Caroline Brousse-

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Développer et animer des communautés larges

Comment développer puis gérer une communauté large via des outils de gestion de réseaux sociaux ? Comment l’articuler au sein de l’organisation avec les outils de communication ? L’Université Paris Descartes a réussi la mise en place d’une telle communauté. Sophie Mahéo, sa « community manager » et animatrice présente la démarche suivie et le métier de l’animateur de communautés.

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université Paris DescartesL’Université Paris-Descartes dispose d’un réseau social interne et ouvert sur l’extérieur. Sophie Mahéo qui en est la community manager est venu le présenter à la formation Gestion de projet 2.0 du CNAM. Elle a donc parlé community management et pilotage de projets réseaux sociaux.

1 – Du Community Management au Community Manager

Pour Sophie Mahéo, les termes de Community Management / Manager sont construit sur une opposition fondamentale entre le terme Community (notion horizontale et d’égal à égal) et le terme de  Management (notion de hiérarchie verticale).

Pour l’APEC, le métier de Community manager peut se résumer ainsi  (25 mai 2010) :

Le community manager (animateur de communautés web) a pour mission de fédérer les internautes via les plateformes internet autour de pôles d’intérêts communs (marque, produits, valeurs…), d’animer et de faire respecter les règles éthiques de la communauté.

Autres appellations : animateur de communautés web, influenceur web, manager de communautés, responsable RP digitales.

Missions principales :

  • Développement de la connaissance de la marque au sein des communautés du web
  • Renforcement de la cohésion de la communauté
  • Accompagnement du développement technique et fonctionnel de la plateforme. »

Si on se réfère à  WIKIPEDIA :

Le gestionnaire de communauté, ou le Community Manager, est un nouveau métier qui a pour but d’animer et de fédérer pour une société ou une marque les échanges entre internautes utilisant les service web tel que les réseaux sociaux et de faire respecter les règles de bonne conduite au sein de cette communauté.

Il s’agit d’un métier émergeant pour lequel il n’existe pas encore de traduction française communément admise.

Les appellations suivantes sont parfois utilisées : médiateur de conversations interactives, animateur de communautés, gestionnaire de communautés, manager de communautés, responsable de réseaux sociaux, animateur de réseaux sociaux, modérateur, influenceur. »

Toutefois, même si la tendance du moment tend à faire du Community Management  un nouveau métier, ses caractéristiques sont anciennes puisqu’elles sont liées au commerce et aux relations avec ses clients. De plus, depuis des années, les forums de discussion sur internet sont gérés par des community managers (appelés plus communément modérateurs).

La notion de Community manager en tant que telle n’est donc pas nouvelle, dixit le rapport « The State of Community Management in 2011 » réalisé par The Community Roundtable. Ce qui est nouveau, c’est la transposition de ce relationnel à un public beaucoup plus large grâce aux nouvelles technologies.

C’est  cette  démocratisation, avec l’avènement des blogs et autres réseaux sociaux, qui a permis de passer d’une communication « one-to-one » et « one-to-many » à une communication « many-to-many ».

Le Community Management  devient nécessaire car désormais les gens parlent en temps réel des entreprises et des structures. L’accès à Internet haut débit et la démocratisation des appareils technologiques numériques ont permis  aux consommateurs de s’équiper d’outils pour produire du contenu de qualité destiné à public de plus en plus large.

La rapidité de diffusion des informations entre individus a donc considérablement augmenté. Et les entreprises l’ont à présent bien compris. Une fois diffusé, un contenu ne peut pas être effacé. Ceci offre des opportunités, mais présente aussi des risques pour une marque. C’est là que doit et peut intervenir la discipline du Community Management. Celle-ci consiste donc désormais à influencer, sans contrôler, à gérer les risques et les opportunités de prise de parole via les outils du Web 2.0.

2 – Le Community Manager : un trait d’union entre la marque et les usagers

Les Missions du Community Management

Quand les besoins de la communauté rencontrent les besoins de l’organisation.

Depuis quelques années,  Les outils du web 2.0 permettent aux internautes de participer en interagissant (commenter, d’évaluer, d’échanger, de partager ou de créer du contenu).
Le consommateur est aujourd’hui co-acteur, et plus seulement récepteur. Pour les consommateurs, Internet est devenu un outil d’émancipation, ils n’attendent plus que l’information vienne à eux mais au contraire ils vont la chercher.

En réaction, les marques ne doivent plus être « product centric » mais « customer centric » afin de développer une relation avec leurs clients et de satisfaire au mieux leurs besoins.
En développant un dialogue avec les internautes et donc en instaurant un capital confiance, la marque aura plus de facilité à agréger autour de soi une communauté car elle aura créé un lien relationnel pérenne.  Ce lien relationnel peut se concrétiser via une collaboration qui permettra à la communauté de pouvoir co-créer. Ce processus est très bien explicité dans le livre blanc consacré au Community Management réalisé en 2011 par les étudiants de la Junio-Entreprise de l’ISC Paris.

Plus concrètement, l’un des principaux rôles du community management consiste à développer la visibilité (E-reputation) d’une marque sur le web, de façon pro-active (rôle de « commercial » pour parler et vendre les produits de la marque) et de façon réactive (service « clientèle ».

Source :www.mediaventilo.com

 

3 – Une fonction Stratégique

 

Source : Livre blanc SYNTHESIO

Le Community Manager est à la croisée des différents métiers de l’entreprise. Une stratégie claire et cohérente doit être établie en amont avec l’accord et le soutien des divers acteurs de l’entreprise concernés.
L’internaute, lorsqu’il entre en contact avec une marque pour poser une question, ne s’interroge pas sur l’origine de la réponse (département Communication, Marketing…).

C’est pour cela que le Community Manager a un rôle de relais et doit avoir des interlocuteurs internes bien définis qui lui apportera les réponses officielles. Il doit fédérer autour de lui, et le plus souvent en interne,  les bonnes compétences.  Il a donc une position stratégique et transversale ; pour l’appuyer, il faut impliquer les différents acteurs internes en établissant un processus validé.

Exemple : Le cas de ORANGE qui a mis en place un outil interne permettant d’apporter les réponses par les personnes ressources de l’entreprise au Community manager.

Mais avant tout, le community management est une discipline qui doit être gérée par des individus qui ont une vision stratégique de l’entreprise, de la marque. Il ne faut surtout pas sous-estimer cette fonction et la confier à des stagiaires sous peine de manquer de crédibilité.

Comme le souligne Sophie Mahéo, le Community manager, pour pouvoir s’exprimer au nom de l’entreprise, a besoin d’une LEGITIMITE aussi bien INSTITUTIONNELLE ET RECONNUE  (au sein de l’entreprise) que d’EGAL A EGAL avec les internautes (il doit publier du contenu et s’exposer donc autant qu’eux).

Ainsi, le vrai rôle d’un Community manager ne se limite pas à l’alimentation de Facebook ou Twitter mais dans l’élaboration d’une stratégie globale. Il devient alors le porte-parole numérique de la marque et a besoin pour cela d’une forte légitimité en interne pour pouvoir agir en externe.
Il faut aussi bien comprendre que l’obtention de résultats sur les médias sociaux n’est pas quelque chose qui arrive du jour au lendemain, construire une communauté prend du temps, de la réflexion et des efforts réguliers et pérennes…

Selon Sophie Mahéo, le « feedback » au quotidien du Community manager se résume ainsi :

  • Commenter, recommander
  • Motiver et fidéliser
  • Valoriser, être interface
  • Organiser la production et l’animation
  • Anticiper, répondre et guider
  • Etre « everywhere, everytime »

 

4 – LES QUALITES D’UN BON COMMUNITY MANAGER : TRANSPARENCE, HUMANITE et OUVERTURE D’ESPRIT.

Le Community manager est le trait d’union entre la marque et les internautes. En tant que porte-parole numérique, il se doit d’écouter et de répondre. Mais pour une prise de parole cohérente, un travail de veille est indispensable.
Pour Sophie Mahéo, il ne faut pas subir les réseaux sociaux mais être à l’écoute et répondre de façon transparente.

Le Community manager doit donc être transparent dans sa communication, c’est-à-dire assumer sa subjectivité et entrer dans le dialogue en toute transparence avec les internautes. Ce qui permet d’obtenir un feedback positif ou négatif (qui est en soi une collecte d’information importante pour faire évoluer la marque).
Comme nous l’explique Sophie, en amont de tout projet sur les réseaux sociaux, il faut déterminer sa cible et savoir où elle est localisée.

Ensuite, Il faut communiquer avec elle par le biais d’ambassades créées sur ces réseaux (par exemple une page entreprise sur Facebook).
Ce n’est qu’après ce travail en amont qu’un projet cohérent peut être lancé. « On peut, par exemple, commencer à animer une communauté avec son compte Twitter pour se relier à ses pairs, créer sa communauté. Puis, pour tisser des liens durables avec elle, il faut être très présent. On parle alors de « communauté de confiance ».

Source : www.fredcavazza.net

 

L’ouverture vers sa communauté, cela implique que la marque doit être capable de supporter la critique.
C’est à partir de là que la relation pourra se construire d’une façon pérenne.

De la confiance à la sympathie : la richesse des intéractions peut transformer des membres d’une communauté en ambassadeurs de l’organisation.
Le cas d’ORANGE : les collaborateurs internes qui s’expriment au nom d’Orange sur les forums hors de l’entreprise deviennent ainsi des ambassadeurs de la marque.

Mais pour faire vivre une communauté virtuelle, il est important d’aller à sa rencontre dans le réel en organisant des rencontres régulières. Le côté humain permet de tisser du lien pérenne et de développe la confiance dans la marque.

5 – Un Parcours : Sophie Mahéo COMMUNITY MANAGER de l’Université de RENE DESCARTES à Paris

Le parcours de Sophie Mahéo est une belle illustration de l’évolution de ce métier.

Après un double cursus en droit et en communication, elle intègre en 2006 le département TICE (Technologies de l’Information et de la Communication pour l’Enseignement) de la DSI de  l’université Paris Descartes en tant que « Ingénieur en technologie de l’information ». Dans ce cadre, son rôle est d’aider les enseignants à améliorer leur dispositif d’enseignement et accompagner les étudiants dans leur acquisition de connaissances par le biais d’outils numériques.

Derrière ce titre vague, une réalité de projet : la mise en place dès novembre 2006 d’un réseau social interne à l’Université.

D’abord en test auprès de 52 étudiants en web master éditorial, le réseau s’est développé rapidement.

Sur un potentiel de 40 000 utilisateurs (acteurs de l’université) plus d’1/4 utilise le réseau social (publication d’articles, commentaires ou juste profil).

L’objectif premier est de mettre en valeur les compétences des acteurs de l’université par un réseau social principal et 2 sous-réseaux métiers.

L’un, destiné aux étudiants qui vont publier du contenu au fur et à mesure de leur acquisition de connaissances et compétences. Ce contenu privé ou public (accessible alors depuis internet) leur permettra de valoriser leur parcours (portfolio numérique).

Le second, destiné aux enseignants, est un tableau de bord. Un dispositif de validation des acquis des étudiants par les enseignants (tableau de bord).

Développé sous ELGG, ce réseau social n’a pas eu pour but de supplanter les autres réseaux sociaux (alors peu développés) mais de coexister avec eux (interopérabilité avec Facebook ou Twitter par exemple). Ce qui a certainement été  un facteur important pour assurer sa pérennité.

Depuis 2006, il a connu 4 remaniements importants (environ une fois/an) afin de s’adapter au mieux aux nouveaux usages engendrés par le développement du web 2.0. L’outil restant le même, il s’est agit avant tout de changement d’axe dans la mise en scène éditoriale (par exemple mise en avant des profils sur la page d’accueil).
Tout le contenu publié de façon publique sur Internet (très bien référencé par les moteurs de recherche) a contribué à développer fortement l’E-Reputation de l’Université. Cette E-Reputation qui est aujourd’hui, avec la réforme des Universités, un levier indispensable pour récolter des fonds.

Le rôle de Sophie est devenu essentiel.

La stratégie mise en place via les réseaux sociaux est le reflet de la stratégie plus globale mise en place par l’université (diffusion des savoirs, valorisation du patrimoine immatériel). Fortement dépendante de la DSI, et non du Marketing ou de la Communication comme c’est le cas très souvent, ce n’est qu’en avril 2011 que sa hiérarchie directe lui reconnaît sa fonction de « Community Manager ». Jusqu’à présent son rôle principal consistait à gérer et à modérer les contenus de la plateforme.

Désormais Sophie souhaite déléguer cette partie modération et animation du réseau à des personnes ressources actives sur la plateforme (via un comité éditorial) pour se centrer en amont sur la partie pilotage (réflexion, piste d’innovation…).

Odile Hazan & Elise Laperrière

Liens :

 

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E-réputation sur Internet, Isabelle Gonon

Synthèse du cours « E-réputation » pour la formation « Gestion de projet 2.0 » par Isabelle Gonon du CNAM. L’identité numérique traitée dans ce cours est celle de l’individu, donc pas celle de la marque ni celle de l’entreprise, sachant toutefois que l’identité d’un individu a quelque chose à voir avec celle de l’entreprise, et vice-versa.

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Avant-propos

Isabelle Gonon travaille à la Direction nationale des formations (DNF) du CNAM, direction déléguée aux Technologies de l’information et de la communication pour l’éducation (TICE)

Cette synthèse est une tentative de compte-rendu d’un cours d’une heure et demie dispensé vendredi 20 mai dans le cadre de la formation du CNAM « Chef de projet numérique 2.0 » (http://communication-culture.cnam.fr/chef-de-projet-numerique-2-0/).

L’identité numérique traitée dans ce cours est celle de l’individu, donc pas celle de la marque ni celle de l’entreprise, sachant toutefois que l’identité d’un individu a quelque chose à voir avec celle de l’entreprise, et vice-versa.

Les figures insérées dans le texte correspondent à certaines des diapositives du diaporama d’Isabelle Gonon (vingt-quatre diapositives au total), cf. fichier E-repIG.pdf déposé sur le réseau social de la formation (plate-forme Elgg), www.gestionprojet20.com/groupe/

1. Internet et les médias sociaux

Google-Facebook-TwitterInternet est un réseau de réseaux qui utilisent un protocle de communication de données commun, le protocole IP [1].

Différents services utilisant le réseau Internet ont été développés, dont le Web, qui repose également sur un protocole, le protocole http [2], qui se superpose à IP et permet d’afficher des données hypermédias dans un navigateur.

Le Web était au départ informatif et documentaire, et consistait en sites d’information. Il est devenu social et participatif, avec de nouveaux services, les médias sociaux que l’on peut classer, en se basant sur les usages, en sept types (figure 1) : jeux, commerce, réseautage, partage, publication, discussion, localisation.

Cette typologie est celle utilisée par Fred Cavazza pour établir un Panorama des médiaux sociaux : www.mediassociaux.fr/20… (figure 2).

Ce nouveau Web, appelé Web 2.0 – on peut rétrospectivement parler de Web 1.0 pour les services antérieurs – fait appel à des technologies nouvelles mais l’esprit reste celui des pionniers de l’Internet, occulté au moment du Web documentaire, qui était de créer un lieu de partage d’informations où chaque utilisateur agissait.

Les médias sociaux peuvent aussi être caractérisés par les modes d’interaction entre les différents acteurs, illustrés dans la figure 3 (correspondances type d’interaction / service : 1 microblog – 2 blog – 3 wiki – 4 forum – 5 réseau social – 6 service de partage – 7 agrégateur – 8 jeux sociaux – 9 FAQ collaborative – 10 géolocalisation).

La barre de Diigo – outil de partage de signets (social bookmarking) – met bien en évidence les différents niveaux d’implication (figure 4) :

  • ma bibliothèque (« My Library ») : mes propres signets, que je rends ou non public ;
  • mon réseau (« My Network ») : les signets des personnes que j’ai choisies de suivre. Un réseau est un ensemble d’individus qui ont des relations interpersonnelles, les réseaux sociaux sont des services qui permettent d’établir ces relations sur Internet ;
  • mes groupes « (My Groups ») : les signets des groupes dans lesquels j’ai choisi de m’inscrire, sur la base de centres d’intérêt communs. Un groupe est un ensemble bien délimité, on est dedans ou dehors. Les groupes de pratique sont des lieux où l’on apprend beaucoup ;
  • la communauté (« Communauty ») : tous les utilisateurs de Diigo.

N.B. : la foule a également un rôle important dans les médias sociaux, avec notamment le crowdsourcing [3].

2. Identité numérique et e-réputation

L’identité numérique d’un internaute est constituée des traces qu’il génère sur Internet :

  • les informations qu’il a volontairement publiées pour se présenter : CV, portfolio… ;
  • les traces de ses activités ;
  • les traces de ses interactions avec les autres : discussions dans des forums, commentaires, avis, notation de ce qu’il achète…

La e-réputation d’un internateur découle de ses traces et des traces de ce que les autres pensent de lui : commentaires, citations, renvois à son blog… (figure 5).

3. Faut-il utiliser les médias sociaux ?

On peut choisir d’être absent d’Internet, si tant est que cela soit encore possible, mais avec le risque de manquer des opportunités. Le plus sage semble être d’assumer d’être présent, mais en faisant le nécessaire pour maîtriser et contrôler sa présence.

Il faut définir ses objectifs et élaborer une stratégie, choisir au mieux s’inscrire et publier, et quoi montrer et publier.

Les médias sociaux sont les outils idéaux pour être présent sur Internet. Les réseaux sociaux notamment, utilisés à bon escient, sont bien adaptés pour créer, maîtriser et améliorer sa e-réputation (figure 6) :

  • en entretenant des relations amicales ou professionnelles on construit et on consolide son réseau, susceptible de laisser des traces positives pour notre e-réputation ;
  • les outils de veille et de filtrage d’information permettent de suivre d’autres personnes, et d’être à son tour suivi, autant d’indicateurs de nos centres d’intérêt et de la pertinence de nos choix ;
  • publier, outre le résultat direct de faire connaître ses activités, peut aussi, quand on publie dans des réseaux sociaux, générer des avis et commentaires.

4. La roue de la e-réputation

Toutes les actions sur notre identité numérique qui conduisent à notre e-réputation peuvent être représentées sous la forme d’une roue de la e-réputation (figure 7) :

  • se créer une identité ;
  • la contrôler, la protéger ;
  • participer ;
  • faire de la veille et surveiller ;
  • évaluer et faire évaluer.

5. Comment gérer son identité et améliorer sa e-réputation

Comment et où créer son identité

En premier lieu il faut choisir où s’inscrire, et sous quel nom. Une solution peut être de s’inscrire sous plusieurs identités, pour cloisonner par exemple vie privée et vie professionnelle. Il semble toutefois que ce ne soit pas possible avec Facebook, ou du moins que Facebook soit en mesure de faire le lien entre les différentes identités d’une même personne.

Il faut aussi choisir les modalités de publication. Par exemple Facebook offre trois possibilités, publier un profil, créer une page ou créer un groupe :

  • la page est un mode de communication anonyme unilatérale. Cf. l’aide de Facebook (où tout est expliqué, mais il est souvent difficile de trouver ou de retrouver la bonne information) : « Pages Facebook : créer, administrer et modifier votre page », www.facebook.com/help/?page=904
  • le groupe est intéressant car tous les membres peuvent publier, mais il est nominatif. Au sein d’un groupe on peut faire des listes et définir ce qui est public, privé ou secret. Cf. « Créer un groupe sur Facebook », www.aussitot.fr/facebook/creer-groupe-facebook.html

Comment contrôler, protéger

Il faut veiller à connaître les paramètres de confidentialité de nos comptes et de nos groupes, et à bien les régler à notre convenance : qui peut consulter les informations, qui reçoit des notifications…

Il faut aussi toujours veiller à avoir un mot de passe bien sécurisé, d’une part pour protéger l’accès aux données confidentielles, d’autre part pour se prémunir contre le vol d’identité. L’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) diffuse des conseils à ce propos : Fiche technique sur les mots de passe, www.securite-informatique.gouv.fr/gp_article45.html

Comment et où participer

Il est essentiel d’être actif. Créer son réseau n’est qu’un début, ce qui est déterminant c’est de l’entretenir. C’est bénéfique pour sa e-réputation, et bénéfique tout court car, sur Internet, plus on donne, plus on reçoit. Et cela ne date pas du Web 2.0, c’est le cas depuis le début de l’Internet (forums, groupes de discussion…).

Comment surveiller, faire évaluer

Il n’existe pas sur Internet de mesure exacte de la e-réputation. Certains outils ont été développés dans ce sens, comme Youseemi (www.youseemii.fr), Socialmention (www.socialmention.com), etc, ils peuvent donner quelques indications.

Mais il existe de nombreux indicateurs, différents selon les outils : nombre de consultations de nos publications, nombre de recommandations, nombre de personnes qui nous suivent sous Twitter… Il est intéressant également de créer des alertes, dans Google notamment.

Si notre e-réputation comporte des éléments négatifs on peut :

  • les nettoyer : supprimer les traces gênantes ou, si on ne peut intervenir directement, demander qu’elles le soient ;
  • si certaines traces ne peuvent être supprimées, les faire reculer dans les résultats de recherche. Pour cela il faut faire remonter dans les résultats les traces positives qui existent, et en créer autant de nouvelles que nécessaire.

Toutes ces actions constituent le cycle de la e-réputation (figure 8).

Webographie

« Groupes et identité sur le web » 6e module du cours sur le Web social de Sébatien Paquet
http://benhur.teluq.uquebec.ca/SPIP/inf6107/spip.php?rubrique=10&article=30

« Guide de gestion de la réputation en ligne » par Mathias Poujol‐Rost
http://site.mathiaspoujolrost.net/information/guide-de-gestion-de-la-reputation

« Identité numérique : 10 règles simples pour contrôler son image sur internet »
www.presse-citron.net/identite-numerique-10-regles-simples-pour-controler-son-image-sur-internet

Isabelle Gonon est sur :


[1] Internet Protocole (IP) : famille de protocoles de communication de réseaux informatiques non orientés connexion : lorsque deux terminaux communiquent entre eux via ce protocole, aucun chemin pour le transfert des données n’est établi à l’avance (contrairement au réseau téléphonique par exemple). Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Internet_Protocol

[2] http : HyperText Transfer Protocol

[3] Crowdsourcing : néologisme anglais utilisant le terme crowd (foule) et calqué sur le terme outsourcing (externalisation), en français externalisation ouverte. Consiste à exploiter la créativité, l’intelligence et le savoir-faire d’un grand nombre de personnes. Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Crowdsourcing

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