Ergonomie et conception participative

Partager :

Différentes approches de l’ergonomie

 

Etymologiquement, l’ergonomie s’ancre dans le monde du travail (ergo /travail + nomos / règles). Pourtant plusieurs approches existent :

  • Ergonomie du produit : développement d’un produit pour un marché.
  • Ergonomie Human Factors : née durant l’après guerre, cette approche anglo- saxone est dite  normative. Elle est basée sur une connaissance du fonctionnement humain qui donne lieu à des guides pour les concepteurs. L’utilisateur est vu comme un homme « moyen ».
  • Ergonomie dite industrielle : cette approche est liée aux conditions de travail et à la santé.
  • Ergonomie  participative : depuis les années 70, une forte volonté politique émane des pays scandinaves pour faire participer les utilisateurs à la conception des outils.

 

L’ergonomie de l’activité : Kezaco ?

 

L’approche utilisée par Flore Barcellini est anthropocentrée : l’usage dans un contexte d’activité donné prime sur le fonctionnement. Elle est appelée ergonomie de l’activité.

Il s’agit d’une démarche spécifique d’accompagnement de transformation technique ou organisationnelle dans une situation de travail existante ou non. Elle inclue le fonctionnement de nouveaux équipements industriels, l’aménagement des espaces de travail, l’organisation des flux matériels et immatériels, le besoin de compétences futures.

Les demandes de conception émanent toujours d’instances de décisions dont les objectifs touchent la performance (efficacité, fiabilité, sécurité, qualité). La performance dans cette approche est produite par la relation homme-machine vis-à-vis d’un environnement qui implique des conditions d’utilisation appropriées et facilitées (santé, sécurité, confort, satisfaction, plaisir, intérêt de l’activité, du travail).

D’où la nécessité d’étudier les opérateurs dans leur activité, c’est-à-dire dans leur situation de travail. Ces êtres humains sont considérés comme particuliers et engagés dans un ensemble de conduites dans un contexte donné et réel, dans une activité finalisée conduite par des interactions et socialement déterminée par des éléments extérieurs.

L’analyse d’une activité consiste à relever dans les comportements observables et inobservables (activité mentale) les écarts entre ce qui est prescrit et ce qui est fait pour atteindre un objectif, ce qui est mis en jeu pour effectuer la tâche.

 

Pourquoi adopter une démarche participative dans la conception ?

 

Faire appel à un ergonome en MOA dans un cas de conception permet de traduire l’analyse d’une activité mais également de mettre en place une conception participative pour accompagner la prise de décision et soutenir les arbitrages entre santé, performance et techniques. Les différentes étapes sont :

–          la mise en place de la participation,

–          l’analyse des situations de références susceptibles de nous apprendre des éléments de la future situation,

–          la mise en place de simulation/ expérimentation permettant de confronter le modèle du futur système au modèle de la future activité des acteurs concernés.

 D’une vision d’un concepteur individuel sachant on passe à la vision de la conception comme activité opportuniste de résolution de problème pouvant être mis en œuvre par tout être humain, dans le collectif de façon itérative.

Cela permet d’éviter le cas de figure classique en erreur de pilotage de projet : une MOA floue qui n’a pas correctement défini les objectifs et la coordination du projet, conduisant à un report de responsabilité sur une MOE techno-centrée dont les aspects RH, les conditions de travail importent peu.

Dans ce cas les décisions sont prises unilatéralement et les opérateurs ne sont par pris en compte.

L’ergonome apporte les solutions suivantes :

–          analyse de la réalité de situations existantes,

–          définition riche des objectifs,

–          réflexion sur la structure la plus appropriée pour le ou les groupes de personnes impliquées dans la conception,

–          réflexion sur l’intérêt et les méthodes de la participation des futurs opérateurs,

–          réflexion sur le partage de responsabilités entre concepteurs et exploitants lors des démarrages.

Dans les différentes phases du projet (Spécification => conception préliminaire => conception détaillée => réalisation), il convient de faire entrer les opérateurs le plus tôt possible car un projet se développe très souvent dans des écarts de représentations entre les concepteurs et les utilisateurs et débouche sur un compromis entre plusieurs solutions possibles.

Faire participer les opérateurs cela signifie : les informer, collecter les informations et les retours d’expériences, les consulter et les associer à l’évaluation, négocier avec eux, ce qui peut (mais très rarement) déboucher sur une prise décisions conjointes (droits de vote, droits de citer).

En réunissant des compétences différentes, il convient pour l’ergonome :

–          de synchroniser les échanges (se comprendre les uns les autres),

–          de créer des objets intermédiaires afin de s’aligner sur une même discussion (maquettes, esquisses),

–          de coordonner la circulation de l’information.

Telles sont les clés de la réussite d’un projet.

Partager :

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *